Les vignerons de l'AOP de Patrimonio ont voté l'interdicion des désherbants chimiques de synthèse

Les vignerons de l'Appellation d'origine protégée (AOP) de Patrimonio en Corse ont voté, à l'unanimité en février, l'interdiction des désherbants chimiques de synthèse.

Sur les 36 vignerons, seuls sept ont encore recours aux désherbants chimiques de synthèse, glyphosate en tête. Le vote instaure ainsi des nouvelles règles pour les membres de l'AOP : "Après l'avoir inscrit dans le cahier des charges, nous allons nous adresser à l'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO). Le temps de l'instruction peut être un peu long. Le désherbage inter-rang fait partie des mesures qui peuvent se traiter rapidement. L'interdiction totale du désherbant, y compris sous le rang de vignes, peut prendre deux ou trois ans."

 

 

Une fois cette période administrative passée, l'appellation va imposer ses contraintes aux vignerons : " Il ne s'agit pas de leur mettre le couteau sous la gorge. Les gens qui l'utilisent savent qu'ils ont encore quelques années pour s'adapter. Mais en cas de non-respect de cette conformité, cela entraînera la perte de l'appellation pour le vigneron.

Mathieu Marfisi, à la tête de l'AOP Patrimonio, y voit aussi une garantie pour le consommateur. "La société est en demande de ce genre de démarche. Il y a un intérêt pour notre environnement.

Pour remplacer l'utilisation des produits, l'AOP prône le retour au traitement mécanique traditionnel : "Cela répond à la problématique de la sécheresse. Quand vous désherbez sous le rang de la vigne, vous ne travaillez pas votre sol mécaniquement. Vous ne forcez pas les racines de la plante à plonger. Avec un travail mécanique, la plante résiste beaucoup mieux à la sécheresse. À Patrimonio, les vignobles travaillés traditionnellement n'ont pas accusé de perte de rendement."

Sur le plan économique, cette mesure entraîne aussi un atout indéniable pour certains vignerons : "C'est aussi un argument de vente. Peu importe les motivations, du moment que cela va dans le bon sens, c'est intéressant.

Source : Corse matin et le Monde diplomatique de juillet