Laetitia VANNESSON

Exploitation des Bourdettes - AGRICAMPUS40

Vulnérabilité climatique de l’exploitation

La démarche

Il s’agit de caractériser la vulnérabilité de la ferme aux aléas climatiques et d’identifier ses leviers d’adaptation. Dans cette approche, nous regarderons tout d’abord les différents aléas qui impactent aujourd’hui la ferme au regard des observations climatiques locales sur la période 1979 – 2024… Puis, les évolutions climatiques à venir d’ici 2050 seront illustrées au travers d’indicateurs agro-climatiques spécifiques du système de production de l’exploitation étudiée. Enfin, les pratiques d’adaptation déjà mise en œuvre sur la ferme ou bien en cours de réflexion seront abordées.

Quels sont les aléas climatiques rencontrés

L’exploitation avait du recul surtout depuis 2021, année d’arrivée du salarié Romain sur l’exploitation.

Aléa

Période

Occurrence

Intensité

Impact et ressources touchées

Excès d’eau automnal et printanier

Automne, et début de printemps

Régulier, en particulier 2024

Pas mesuré précisément. Nombre de jours de pluie en augmentation à l’automne et printemps

Inondation des parcelles Impossibilité de faire passer des engins dans les parcellesDécalage des semis (couverts d’hiver et cultures de printemps)Augmentation des dépenses de carburant et temps de travail en cas de faux-semis supplémentaires liés aux semis plus tardifsMauvaise gestion des adventices Décalage des récoltesBaisse de rendements

Fortes chaleurs

Été

Chaque année, dure plus ou moins longtemps. En particulier : 2023

Températures mesurées à plus de 35 °C et jusqu’à 40 °C, sur plusieurs jours et parfois 1 semaine ces dernières années

Mortalité des poulets à cause de la forte température dans les bâtiments (ex : 2023). Le pire est quand la période de chaleur dure longtempsAugmentation des besoins en eau des cultures

Vent de sable

Janvier-février

Un peu chaque année, en augmentation

Rafales jusqu’à 110 km/h

Blanchissement des feuilles de maïsDéveloppement de maladies favorisé

L’excès d’eau au moment des périodes de semis et de binage est le principal problème.

QUELLES ÉVOLUTIONS CLIMATIQUES À VENIR LOCALEMENT ? (CLIMADIAG) :

Augmentation des journées de canicule et du stress hydrique mais des précipitations printanières et automnales qui restent stables

Dénombrement des jours durant lesquels la température maximale entre le 1 juin et le 31 octobre est supérieure à 35°C. Pour chaque horizon de temps (2010, 2030, 2050), la distribution est réalisée sur l’ensemble des valeurs issues des 17 simulations climatiques de la période de 20 ans associée à chaque niveau de réchauffement. (Source : Climadiag Agriculture et Forêt)

La hausse de l’occurrence du nombre de journées très chaudes (> 35°C) déjà constatée devrait se poursuivre et tripler entre 2010 et 2050, pour passer d’une médiane à 2 journées très chaudes par an en 2010 à 6 journées par an à l’horizon 2050, allant même jusqu’à plus de 25 jours par an d’ici 2050 selon certains modèles.

Déficit hydrique (mm) de mai à août entre le 1 mai et le 31 août pour le maïs. Pour chaque horizon de temps (2010, 2030, 2050), la distribution est réalisée sur l’ensemble des valeurs issues des 17 simulations climatiques de la période de 20 ans associée à chaque niveau de réchauffement.

Pour le maïs, le déficit hydrique entre mai et août va s’accentuer : passant d’une médiane à 183 mm en 2010 à une projection médiane de 252 mm d’ici 2050 (+37%).

Dénombrement des jours durant lesquels le cumul de précipitation est au-dessus de 1 mm entre le 1 septembre et le 30 novembre. Pour chaque horizon de temps (2010, 2030, 2050), la distribution est réalisée sur l’ensemble des valeurs issues des 17 simulations climatiques de la période de 20 ans associée à chaque niveau de réchauffement (source Climadiag)

Cependant concernant le phénomène des fortes pluies à l’automne et au printemps, selon les projections, il n’est pas prévu d’augmentation sur le secteur :

  • A l’automne (sur septembre-novembre), pas d’augmentation prévue du cumul des précipitations (médiane stable à environ 280 mm), ni du nombre maximal de jours de pluie consécutifs (médiane stable à 7 jours d’ici 2050), ni du nombre de jours de pluie (cf. graphique ci-dessus)
  • Au printemps (sur mars-mai), pas d’augmentation prévue du cumul des précipitations (médiane stable à environ 260 mm), ni du nombre maximal de jours de pluie consécutifs (médiane stable à 7 jours d’ici 2050), ni du nombre de jours de pluie

Une augmentation du nombre de jours de pluie intense (>25 mm) n’est pas prévue (médiane stable à 6 jours par an).

Avez-vous mis en place des pratiques d’adaptation

Plusieurs pratiques sont mises en place :

  • Pour les fortes chaleurs :
    • Cabanes placées sous les pins
    • Plantation de haies pour aménager des zones arborées dans les parcours et faire de l’ombre (la dernière en 2026, 700 m de haies plantées)

A noter que les volailles doivent être rentrées le soir, même en cas de forte chaleur dans les bâtiments, à cause du risque de prédation si elles passaient la nuit dehors.

  • Pour le vent :
    • Plantation de haies
  • Les cultures sont déjà entourées de pins (2.9 km de lisières de bois recensées).
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