Hervé Puthet salarié de la CUMA Luzerne de Bresse

CUMA Luzerne de Bresse

Carte d'identité

Pratiques agroécologiques

  • Autonomie fourragère et protéiqueAutonomie fourragère et protéique
  • Énergies renouvelables
  • Séchage en grangeSéchage en grange

Séchage en grange collectif - 300ha - Bassin versant Rhône-Méditerranée-Corse - Région Auvergne-Rhône-Alpes

À Lescheroux, dans l'Ain, une quinzaine d'exploitations ont fait le pari de la coopération pour sécher leurs fourrages autrement. Née de la volonté de la CUMA Luzerne de Bresse, cette unité de séchage en grange mobilise trois énergies renouvelables : le soleil sous la toiture, la chaleur d'un méthaniseur voisin et une chaudière à plaquettes de bois. Douze cellules, 2 000 tonnes de fourrages et plus de 1 000 tonnes de maïs grain séchés chaque année : derrière ces chiffres, c'est toute une dynamique collective qui s'est construite depuis 2011, de la luzerne aux prairies multi-espèces, jusqu'au maïs. Comment ces éleveurs ont-ils fait émerger un projet de 1,9 million d'euros ? Quels bénéfices en tirent-ils au quotidien ? Découvrez leur témoignage complet.

Contexte physique

Située dans la plaine de la Bresse, la CUMA évolue dans un contexte pédoclimatique marqué par des sols majoritairement argileux et hydromorphes, ainsi que par un climat relativement humide. Les précipitations régulières, en particulier au printemps, réduisent les fenêtres favorables à la récolte du foin et rendent délicate la production de fourrages secs de qualité en plein champ.

Déclic

Une démarche collective pour renforcer l’autonomie alimentaire des cheptels


Le projet trouve son origine au début des années 2010, dans un contexte marqué par plusieurs dynamiques convergentes sur le territoire de la Bresse. D’une part, la mise en place de l’AOC Beurre et Crème de Bresse conduit les éleveurs à renforcer l’autonomie alimentaire de leurs exploitations en développant la production locale de fourrages. D’autre part, plusieurs agriculteurs recherchent des solutions pour produire un fourrage riche en protéines tout en s’affranchissant des difficultés de séchage rencontrées dans les conditions pédoclimatiques humides de la Bresse.

Parallèlement, un éleveur de porcs de Lescheroux, engagé dans un projet de méthanisation, cherche à valoriser la chaleur produite par son installation. À partir de cette opportunité, la Chambre d’agriculture de l’Ain propose de mener un projet collectif de séchage des fourrages. Une première réunion d’information est organisée en février 2010. Treize producteurs manifestent leur intérêt et s’engagent dans une phase de réflexion qui durera près de trois ans.

Durant cette période, le groupe bénéficie d’un important accompagnement technique. Les agriculteurs définissent leurs besoins, visitent plusieurs installations de séchage en France et à l’étranger, étudient différentes solutions techniques et réalisent une étude de faisabilité technico-économique afin de dimensionner le bâtiment et les équipements. La réflexion porte également sur l’organisation collective, les modalités de fonctionnement et le choix de la structure juridique la plus adaptée.

Après une première structuration sous forme associative en 2010, les agriculteurs créent officiellement la CUMA Luzerne de Bresse le 27 mai 2011. Ce statut est retenu afin de porter les investissements, d’organiser collectivement l’exploitation de l’unité de séchage et de faciliter l’accueil de nouveaux adhérents. Les travaux débutent au cours de l’été 2012 et la première campagne de séchage est réalisée lors de la première coupe de printemps en mai 2013.

  • Février 2010 : Première réunion d'information organisée par la Chambre d'agriculture de l'Ain

  • 2010-2012 : Phase de conception : visites d'installations, étude de faisabilité technico-économique, définition du fonctionnement collectif, dimensionnement du bâtiment et recherche de financements.

  • 27 mai 2011: Création officielle de la CUMA Luzerne de Bresse.

  • Été 2012 : Début des travaux de construction de l'unité de séchage en grange.

  • Mai 2013 : Première campagne de séchage lors de la première coupe de printemps.

  • Depuis 2013 : Évolution progressive des systèmes fourragers : développement des prairies multi-espèces et diminution de la part de la luzerne. Développement du séchage de maïs grains.

  • 2023 : Séparation de l'organisation des activités de séchage du foin et du maïs.

  • 2026 : Adoption d'un règlement spécifique pour l'activité de séchage du maïs, précisant les modalités d'adhésion, d'organisation des campagnes, de stockage et de facturation.

  • 2027 : Échéance du premier cycle d'engagement des adhérents, avec comme principaux enjeux le renouvellement des membres, la transmission des exploitations et la poursuite de l'activité.

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