Dominique Goffart

SCEA de La Maison Blanche et SCEA Goffart

Photo de portrait de Dominique Goffart

Carte d'identité

Pratiques agroécologiques

  • Couverts végétauxCouverts végétaux
  • Cultures associéesCultures associées
  • Digestat de méthanisationDigestat de méthanisation
  • Réduction des intrantsRéduction des intrants
  • Semis sous couvert végétalSemis sous couvert végétal
  • Techniques culturales simplifiéesTechniques culturales simplifiées
  • Produits résiduaires organiquesProduits résiduaires organiques

Grandes cultures - 330ha - 1,5UTH - Bassin versant Seine-Normandie - Région Bourgogne-Franche-Comté

Situé sur la commune de Pont-sur-Vanne, dans l’Yonne, Dominique Goffart exploite 330 ha de grandes cultures (luzernes, céréales d’hiver, tournesol, maïs), dont une partie en Agriculture Biologique. Ayant la majorité de ses surfaces dans une aire d’alimentation de captage des eaux de Paris (AAC des sources de la Vallée de la Vanne), Dominique a adapté ses pratiques pour réduire les risques sur la ressource en eaux de la capitale. Avec d’autres associés, il exploite une unité de méthanisation en voie solide continue depuis 2024, qui valorise une partie de leur production de luzerne. Le site de l’unité est en partie couvert par du photovoltaïque destiné à l’autoconsommation de l’électricité produite. Le hangar de stockage de céréales de l’exploitation a également été couvert avec des panneaux photovoltaïques en 2011, destinés à de la vente d’électricité.

AB

Contexte physique


  • Pluviométrie annuelle moyenne : 650 mm

  • Types de sols : Sols fins, caillouteux, plutôt argilo-calcaire à limono-argileux sur les surfaces en bio. Terres noires plus profondes sur les terres de vallée (maïs conventionnel), mais surfaces inondables.

  • Parcellaire groupé, la majorité des surfaces dans un périmètre de 1 km, et 40 ha à 6 km

Déclic

L’exploitation se situe dans le département de l’Yonne (Bourgogne-Franche-Comté), sur l’aire de captage des sources de la Vallée de la Vanne, qui alimente les eaux de Paris. Cette aire de captage concerne environ 45 000 ha, sur laquelle les eaux de sources sont prélevées et acheminées vers Paris en aqueduc. C’est la régie municipale des Eaux de Paris qui assure l’approvisionnement et la gestion des eaux sur ces zones de captage.
Le modèle agricole prédominant dans le département est la culture céréalière. L’agriculture biologique est assez bien représentée, du fait de la présence des aires de captage des eaux de Paris entraînant une volonté politique locale d’encourager la bio pour préserver la qualité des eaux.

Quels sont les éléments déclencheurs du changement de raisonnement ou de pratiques ?


Conversion à l’agriculture biologique


Opérée en 2016, la conversion à l’Agriculture Biologique de la SCEA de la Maison Blanche a été fortement encouragée par les Eaux de Paris. La régie municipale ayant pour objectif de préserver la qualité de eaux prélevées en zones agricoles, elle soutient la conversion en bio des exploitations situées sur ses aires d’alimentation de captage pour réduire la pollution par les produits phytosanitaires et les engrais azotés.
Un appui technique a été proposé aux exploitants prêts à s'engager dans la bio, à travers le réseau Bio Bourgogne.
La décision de Dominique de se tourner vers la bio faisait également écho à une démarche personnelle, dans l’objectif de préserver sa santé et celle de ses collaborateurs.
Le contexte national favorable à la bio, notamment à travers les aides à la conversion, a également favorisé le passage en bio de l’exploitation.
Enfin, le faible potentiel agronomique des terres sur une grande partie de l’exploitation a encouragé Dominique à entreprendre la conversion en bio (perte de rendement assez limitée en passant en bio, réduction du coût des intrants et valeur ajoutée à la vente).

Méthanisation


Dans le cadre de la conversion de l’exploitation en bio, Dominique a fait le choix d’implanter de la luzerne sur une part importante de ses surfaces. Cette légumineuse présente l’avantage d’apporter de l’azote dans les sols par fixation symbiotique. De plus, il s’agit d’une culture pérenne, qui couvre bien le sol et contribue ainsi à la gestion de l’enherbement.
A la recherche d’un débouché pour la luzerne, culture fourragère difficilement valorisable dans un contexte territorial marqué par une faible densité d’élevages, Dominique s’est intéressé à la méthanisation.
Lui-même issu d’une famille d’éleveurs, il était à la recherche d’un nouveau projet à explorer, plus « moderne », pour valoriser la luzerne. Le contrat d’achat de biométhane soutenu par l’État et garanti sur 15 ans présentait également l’avantage d’offrir une rémunération plus stable aux exploitants et de permettre la viabilité économique des projets de méthanisation.
Enfin le digestat issu de la méthanisation, fertilisant utilisable en bio, constituait une opportunité d’améliorer les rendements des cultures tout en ramenant de la matière organique au sol.
Ces divers facteurs faisaient écho aux objectifs historiques de Dominique : la recherche d’autonomie économique, le soutien à la production en bio et l’envie d’entreprendre de nouveaux projets.

Photovoltaïque


En 2000 Dominique et son frère, alors associés de l’exploitation, ont fait construire un hangar de stockage de céréales sur la ferme. Ce bâtiment abritait également un séchoir et un trieur à grains. Leur objectif était d’être autonome sur la commercialisation de leur production céréalière, en vendant directement les céréales à un courtier sans passer par une coopérative. En 2011, l’État encourageait le développement du photovoltaïque à travers des tarifs de vente d’électricité règlementés, avantageux pour les particuliers et les entrepreneurs installant des panneaux photovoltaïques sur leurs bâtiments. Dominique et son frère ont ainsi choisi de profiter de cette opportunité pour couvrir leur bâtiment de stockage de céréales avec des panneaux photovoltaïque.
En signant un contrat de vente d’électricité sur 20 ans, ils ont pu amortir l’investissement sur les panneaux et s’assurer un revenu complémentaire.

Quels sont les objectifs poursuivis ?



  • Recherche d’autonomie : Cette volonté s’est traduite par la prise en charge du conditionnement et de la commercialisation des céréales par les exploitants, séchées, triées et vendues pendant plusieurs années à un courtier. Puis par la conversion en bio qui a permis de gagner en autonomie sur la consommation d’intrants de l’exploitation.

  • La recherche d’autonomie en intrants, et notamment en azote, s’est poursuivie à travers le projet de méthanisation avec l’objectif de produire un fertilisant organique localement, à partir de matières organiques du territoire.

  • Le projet de méthanisation répondait également à une volonté d’autonomie économique et une recherche d’indépendance par rapport aux cours des marchés agricoles.

  • Par ailleurs, Dominique a participé à la création d’une coopérative agricole bio, qui conditionnait et commercialisait des légumineuses (lentilles, pois chiches, pois…) vendues en restauration collective sur le territoire. Il n’est plus engagé dans la coopérative à ce jour, mais cette démarche illustre sa volonté d’autonomie sur toute la chaîne de production jusqu’à la commercialisation.

  • Juste rémunération du travail : Le choix de la méthanisation a ainsi été en partie motivé par cet objectif.

  • Respect de la santé des exploitants et de l’environnement : Cet objectif est présent dans la gestion globale du système : passage en bio, gestion raisonnée de la fertilisation azotée.


 

Historique de l’exploitation



  • 1990 : installation de Dominique et Jean-Paul Goffart sur une surface de 173 ha à Pont-sur-Vanne. Ils y produisent notamment des endives et des céréales jusqu’en 2000.

  • 1993 : reprise de 115 ha sur l’exploitation.

  • Entre 1996 et 2016 : simplification du travail du sol, passage en semis direct.

  • 2000 : construction du hangar de stockage de céréales, avec séchoir et trieur à grains.

  • 2006 : reprise de 40 ha.

  • 2011 : installation de panneaux photovoltaïques sur le hangar de stockage de céréales.

  • 2016 : conversion en bio, démarrage du projet de coopérative bio pour conditionner et commercialiser des légumineuses destinées à la restauration collective, début de la réflexion sur la méthanisation.

  • 2021 : Mise en place d’un Paiement pour Service Écosystémique (PSE) par les Eaux de Paris et l’Agence de l’eau Seine-Normandie, pour rémunérer les agriculteurs bio sur les aires d’alimentation de captage des eaux de Paris.

  • 2024 : mise en service de l’unité de méthanisation de la SAS Terres – Energie.

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