Mon système

L’exploitation comprend un cheptel de 95 brebis laitières basco béarnaises, 12 vaches allaitantes de race Galloway et une SAU de 47 ha. Sur le site de l’exploitation, dans la vallée à Bedous, il y a 12 ha de prairies naturelles et 5ha de landes qui sont pâturées l’hiver, au début du printemps et à l’automne en redescente d’estive. Maxime utilise l’estive du plateau de Banasse. L’estive compte une SAU de 500 ha et Maxime utilise la moitié soit 250 ha et gère environ 1000 brebis et ses vaches.

À Bedous, Maxime fonctionne comme un éleveur classique qui produit le lait et la viande de son cheptel.

En Estive, sur le plateau de Banasse, Maxime monte son troupeau laitier et ses vaches à viande et complète son activité avec de la garde supplémentaire en tant que berger : 

  • 925 basco-béarnaises dont Maxime utilise le lait pour produire son fromage et reçoit une prestation de gardiennage :
    • 350 basco – béarnaise à la traite dont 95 appartiennent à Maxime
  • 141 brebis barégeoises pour lesquelles une prestation de garde est rémunérée

Productions végétales

Assolement moyen

Répartition 2025 (en ha)

 

Gestion des prairies

Les prairies naturelles et les landes sont toutes pâturées puis un broyage des refus est réalisé avant la montée en estive. Les vaches qui sont de petites tailles et sans corne vont principalement pâturer les landes tandis que les brebis laitières vont valoriser les prairies naturelles. Les vaches vont aussi passer derrière les brebis pour brouter leur refus :  cela permet à Maxime de réduire les charges de mécanisation et d’entretien des prairies.

Le pâturage des brebis laitière est très organisé : pâturage tournant dynamique sur les prairies attenantes à la ferme (6 parcelles). Le troupeau est composé d’un seul lot de brebis, qui restent 3 à 4 jours maximum sur chaque paddock. En hiver, les brebis reviennent qu’un mois après leur passage sur les parcelles déjà pâturées. Un parcours spécifique pour les estives est réalisé pour chaque lot :

  • Lot des brebis en production laitière
  • Lot des brebis taries

Ces éléments seront détaillés plus loin dans le témoignage « pratiques du pâturage en estive ».

Les vaches sont conduites en 2 lots sur les landes, elles sont en liberté totale en estive et ne sont pas conduites comme les brebis. Elles profitent des 500 ha de l’ensemble de l’estive du plateau de Banasse.

Les prairies ne sont pas récoltées, aucune production de foin est réalisée sur la ferme. Maxime a fait le choix d’être le moins mécanisé possible plutôt que celui de l’autonomie fourragère : uniquement du matériel d’entretien (broyeur d’accotement et débroussailleuse à sac à dos) est présent. Il n’y a pas de matériel de fenaison sur la ferme.

L’amendement et la fertilisation des prairies se font par : 

  • L’apport de fumier 45 t/an pour 12 ha soit 3,75 t/ha
  • La restitution du pâturage hivernal par les animaux
  • L’apport de chaux dolomie : la chaux est incorporée au fumier et permet « d’assainir » et éviter les problèmes de piétin.

Intrants

La ferme de l’Aouda n’est pas certifiée en agriculture biologique, cependant aucun intrant de synthèse n’est utilisé :

  • Pas de fertilisation minérale sur les prairies ;
  • Pas de pesticides, notamment pour le désherbage des clôtures qui se fait de manière mécanique (débroussailleuse et broyeur d’accotement).

Le label AB n’est pas envisagé pour le moment par Maxime car il ne peut pas trouver du foin et des concentrés AB localement. Il préfère que les intrants extérieurs proviennent du territoire au maximum.

La ferme n’est pas autonome en fourrage et en concentrés. Maxime achète :

  • 12 t de foin de prairies naturelle sont achetées annuellement dont 2 t pour les vaches ;
  • 6 t de foin de luzerne provenant d’Espagne ;
  • 8 t de concentrés (correcteurs azotés)
    • 40 % mélange céréales : maïs, orge, triticale, lin
    • 60 % de tourteaux :  tournesol, colza et luzerne
  • 5 t de paille pour la litière des animaux
  • 250 kg/an de CMV (compléments minéraux et vitaminiques).

Le faible parc de matériel permet d’avoir une consommation de fuel très faible : 800 l/an soit 17 l/ha.

Productions animales

Cheptel ovin

Le troupeau ovin de race basco-béarnaises comprend :

  • 95 brebis mères
  • 12 agnelles de renouvellement (moins d’1an)
  • 88 agneaux à l’engraissement vendus/an
  • 2 béliers basco béarnais (maintien de la race) et 1 bélier bérichon pour avoir de meilleurs conformations bouchères (2,3 ans)

Sur 112 agneaux sevrés en moyenne chaque année :

  • 12 agnelles pures basco béarnaises sont gardées pour le renouvellement du troupeau
  • 88 sont engraissés sur la ferme et vendus à 36 kg vif à la coopérative Célia, soit entre 3,5 et 5 mois.
  • 1 jeune mâle est conservé pour le renouvellement des béliers
  • Le sevrage des agneaux se fait au bout de 2 mois pour les agneaux issus de jeunes agnelles et d’un mois pour les autres

Cheptel bovin

Le troupeau bovin de race Galloway comprend :

  • 12 vaches adultes
  • 6 génisses de – de 2 ans
  • 1 taureau de 900 kg vif
  • 3 veaux femelles sont conservés par an pour le renouvellement

Le nombre d’UGB est de 38,06, la SFP est de 47 ha, soit un chargement moyen de 0,8 UGB/ha.

(UGB = Unité Gros Bovin, SFP = Surface Fourragère Principale)

Alimentation du cheptel

L’alimentation du troupeau est quasi exclusivement à l’herbe : 

Les brebis pâturent différentes ressources fourragères au fil des saison et ont du foin à volonté en hiver dans la bergerie. En complément du foin de prairie naturelle, du foin de luzerne ou de trèfle et sainfoin est apporté aux brebis.

Un mélange de concentrés et tourteaux est donné aux brebis lors de la traite.

Le cheptel bovin viande est 100 % à l’herbe avec un peu de foin en complément l’hiver.

Gestion des effluents 

La litière de la bergerie est composée de paille en litière accumulée. Le fumier est sorti 3 fois par an (janvier, mars et juin) avant la montée en estive. En hiver les brebis produisent 45 t de fumier qui sont épandues sur les 12 ha de prairies naturelles.

En estive, un lombricomposteur permet des traiter le petit lait et les effluents de la fromagerie car il n’y a pas de cochons qui permettent traditionnellement de gérer ces effluents en montagne (voir le chapitre « production de tomme de brebis »).

Soins vétérinaires

La gestion sanitaire du troupeau se fait aujourd’hui quasiment sans vermifuges. Les vermifuges en faible dose sont utilisés seulement une fois. L’utilisation d’huiles essentielles en ingestion est privilégiée en préventif :  ajonc, cannelle, clou de girofle, et ail sont mélangés dans une base d’huile de tournesol. Ces traitements sont réalisés avant la montée en estive et à l’automne, en changement de saison.

En complément, des sprays à base d’huiles essentielles pour repousser les insectes piqueurs sont administrés en externe lors du soin des brebis.

Une vaccination pour l’entérotoxémie est réalisée systématiquement pour toutes le jeunes agnelles avant la première montée en estive :  la transition alimentaire vers des ressources alimentaires différentes et l’intégration des jeunes animaux dans un troupeau plus grand favorisent le développement anomal de bactéries dans l’intestin, provoquant la mort rapide de l’animal.

Les brebis sont également vaccinées contre la FCO :  Fièvre Catharale Ovine. Les estives sont moins touchées, cependant les températures plus douces de l’automne favorisent le maintien en vie des mouches responsables de la transmission de la maladie lors de la redescente d’estive.

La principale problématique sanitaire du troupeau ovin lait est la sensibilité aux Myiases ovines : les principales sources de myiases ovines sont deux mouches : Lucilia sericata et Wolhfahrtia magnifica, cette dernière est plus présente en altitude. Les mouches pondent directement des larves (asticots) sur les vulves des brebis ou les verges des béliers. L’éleveur doit retirer toutes larves présentes dans les plaies, nettoyer et désinfecter la plaie le plus rapidement possible pour éviter le développement de nouvelles larves en mettant un insecticide ou un cicatrisant.

Les vaches Galloway sont rustiques et n’ont pas été touchées par la MHE (mais vaccination en décembre 2025).

Les frais vétérinaires sont très limités :  seulement 1 000 € de produits par an. Maxime développe une approche préventive basée sur le renforcement de l’immunité des animaux :  des apports de sélénium en granulé sont administrés aux brebis et au vaches en compléments des huiles essentielles contre le parasitisme.

Productions animales et commercialisation

16 000 l de lait par an sont produits sur la ferme, cela permet de produire 2 tonnes de tomme.

Généralement, Maxime commercialise 2 t de fromage par an avec un stock de 1,2 t. Cela permet de vendre la tomme avec un minimum d’affinage. Maxime ne souhaite pas commercialiser la tomme trop jeune, la vente commence qu’à partir de 5 mois minimum afin que le fromage puisse exprimer son potentiel gustatif.

En estive, la production laitière n’est pas linéaire :  fin juin la production est de 180 l/j et descend à 80 l/j à partir du 15 août. Cette forte diminution s’explique par les conditions météo : alternance de chaud froid, la diminution de la réserve et de la fraicheur fourragère. De plus certaines brebis se tarissent également sur cette période.

Tomme de brebis au lait cru des Pyrénées 90 % en vente directe : 

  • De 900 kg à 1 t de tomme d’estive vendue entre 24 €/kg et 33 €/kg
  • 1 t à 1,2 t de tomme d’hiver vendue à 22 €/kg entre 22 et 28 €/kg
  • Tomme vendue à des revendeurs à 15,7 €/kg

La vente directe se fait aujourd’hui à la ferme (40 %) et en ligne sur toute la France (60 %). Maxime possède une base mail avec un listing de client ainsi qu’un site « Pour de bon » sur lequel les clients peuvent directement commander du fromage.

Viande de brebis, vendus à la coopérative Agrileader : 

  • 7 brebis de réformes de 70 kg vif vendues : 1,50 €/kg
  • 88 agneaux de 35 kg vif vendus : 3,50 €/kg

Viande bovine, colis en vente directe :   18 €/kg en colis

Produits 2024 : 93 389 €

  • Ventes : 63 913 €
  • Fromage brebis : 42 599 € (76 % du CA)
  • Viande : 8 796 €, dont 4 800 € colis de viande bovine
  • Autres produits animaux : 4 876 €
  • Gardiennage estive : 7 639 €
  • Aides : 29 470 €

Intrants 2024 : 29 085 €

  • Aliments du bétail : 12 540 €
  • Aliments Ovins : 18,5 €
  • Produits défense animaux : 1 126 €
  • Carburants / lubrifiants : 721 €
  • Carburants à la pompe : 937 €
  • Fournitures pour animaux : 315 €
  • Matières premières : 164 €

  • Achat vache allaitante : 3 791 €
  • Travaux tiers pour animaux (sortie fumier + épandage / abattage / embauche) : 7 231 €
  • Travaux tiers végétaux : 1 165 €
  • Électricité : 1 077 €

Les intrants représentent 45 % du produit de l’exploitation malgré le peu d’intrants utilisés.

La sensibilité aux aides par rapport à l’EBE est de 30 %.

Maxime indique une certaine satisfaction économique grâce à une bonne rémunération de sa production.

Le coût horaire notamment en estive est peu élevé mais Maxime regarde l’ensemble de son chiffre d’affaires et réussit à embaucher sur son système agropastoral très extensif. Néanmoins, Maxime insiste sur la nécessité de rémunérer correctement le producteur pour sa production.

Indicateurs Sociaux

Maxime peut prendre 15 jours de vacances par an, grâce à du salariat en groupement d’employeur.

Le fait de travailler en estive est un choix. Maxime se revendique berger avant d’être éleveur et souhaite travailler en montagne.

Le temps de travail varie en fonction des saisons : 

  • De décembre au printemps (site de l’exploitation) : 8 h/j globalement et 10 h/j en période d’agnelage 
  • En estive :  début à 12/14 h par jour puis 10 h/j à partir de mi-aout

Bâtiments (surface – année de construction)

BâtimentSurface
Bergerie260 m2
Fenil (stockage du foin)160 m2
Grange pour le repli des vaches216 m2
Bâtiment de stockage60 m2
Cave enterrée16 m2

Tous les bâtiments ont été auto-construits par Maxime Bajas. Le bois est particulièrement mis à l’honneur dans la charpente et le bardage. La cave a été creusée dans la roche au marteau-piqueur.

Matériel

En propriété :

  • 1 tracteurs (70cv)
  • Broyeur d’accotement
  • Remorque plateau
  • Bétaillère
  • Débroussailleuse sac à dos
  • Tondeuse autoportée
  • Remorques de tracteurs

Performances agro-environnementales

Issu du diagnostic DIALECTE

La ferme de l’Aouda est une ferme très peu consommatrice d’intrants.

Le radar ci-dessus indique les principaux indicateurs du diagnostic agro-environnemental DIALECTE.

Nous pouvons constater que les indicateurs d’autonomie fourragère et en concentrés sont faibles voir nuls néanmoins Maxime a fait le choix de ne pas mécaniser son système. Les animaux sont quasiment exclusivement à l’herbe et profitent plusieurs de mois de l’année des estives du plateau de Banasse. Ce qui permet de relativiser cette faible autonomie.

La ferme obtient un score total de 78/100 pour l’approche globale de l’exploitation (cf. indicateurs ci-dessus). Concernant les approches thématiques sur l’environnement, la ferme obtient des scores entre 18 et 20/20 pour la gestion quantitative et qualitative de l’eau, la préservation des sols, la préservation de la biodiversité et l’utilisation d’intrants extérieurs pouvant avoir un impact sur l’environnement.

En définitive, la ferme de l’Aouda a un très faible impact sur l’environnement tout en ayant une production de qualité et viable économiquement.

La ferme émet 105 tCO2e pour l’année 2024 avec des émissions de méthane (CH4), incompressible à l’animal, à hauteur de 88 % ce qui indique que la ferme émet très peu de CO2 et de N2O.

En comparaison de fermes ovines plus classiques, ces émissions de GES sont très faibles. Elles correspondent à des systèmes très extensifs.

A l’instar des émissions de GES, la consommation d’énergie est relativement faible avec 179 GJ sur l’année 2024. Ces consommations sont essentiellement des énergies indirectes liés aux achats et à la fabrication d’aliments concentrés. 7 % sont liés aux consommations de gaz pour la production fromagère, 5% aux consommations de carburants. 19 % concernent les intrants pour la production fromagère.

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