Vulnérabilité climatique de l’exploitation
La démarche
Il s’agit de caractériser la vulnérabilité de la ferme aux aléas climatiques et ses leviers d’adaptation.
Dans cette approche, nous regarderons tout d’abord les différents aléas qui impactent aujourd’hui la ferme au regard des observations climatiques locales sur la période 1979 – 2024… Puis, les évolutions climatiques à venir d’ici 2050 seront illustrées au travers d’indicateurs agro-climatiques spécifiques du système de production de l’exploitation étudiée. Enfin, les pratiques d’adaptation déjà mise en œuvre sur la ferme ou bien en cours de réflexion seront abordées.
Quels sont les aléas climatiques rencontrés ?
Aléa |
Période (Mois ou saison) |
Occurrence (Lister les années) |
Intensité (Mm forte pluie, nb de jours consécutif de sècheresse, température record, etc.) |
Grêle |
Mai à août |
2023 |
Épisodes localisés, grêlons 1 à 3 cm, |
Gel (Intense ou tardif) |
Mars à avril |
2021, 2023 |
Températures de -2 à -5°C, |
Fortes températures |
Juin à août |
2022, 2023 et 2025 |
Pics à 35–40°C, plusieurs jours consécutifs (>5 jours) |
Sècheresse |
Juin à septembre |
2022 et 2025 |
20 à 40 jours sans pluie significative, forte évapotranspiration |
Excès d’eau |
Avril à juin / orages estivaux |
2024 |
Pluies intenses >30–50 mm en quelques heures, sols saturés |
Autres aléas |
Printemps / été |
Récurrent |
Alternance rapide chaud/froid ou sec/humide, stress des cultures |
Quelles sont les ressources touchées ?
Pour l’aléa de fortes températures, les impacts sur la production restent pour l’instant limités et globalement maîtrisés grâce à l’irrigation. Certains légumes peuvent ponctuellement subir des brûlures liées à la chaleur, mais ces dégâts restent marginaux à l’échelle de l’exploitation.
En revanche, les fortes chaleurs ont un impact direct sur les conditions de travail. En période estivale, les tâches sont concentrées sur les heures les plus fraîches de la journée, généralement le matin, la chaleur de l’après-midi rendant le travail trop pénible, voire difficilement soutenable.
Par ailleurs, l’augmentation des températures influence également la dynamique des ravageurs. On observe un raccourcissement de leurs cycles de développement, notamment chez certains insectes comme les punaises. Leur apparition plus précoce dans la saison crée un décalage avec celle des auxiliaires naturels, qui ne sont pas encore suffisamment présents pour réguler les populations. Ce déséquilibre entraîne des phénomènes de pullulation plus importants, pouvant occasionner des dégâts significatifs sur les cultures et rendre les stratégies de lutte plus complexes à mettre en œuvre.
Avez-vous mis en place des pratiques d’adaptation ?
Entre Chambéry et Grenoble, le maraîchage est fortement exposé à des aléas climatiques variés, accentués par la configuration de vallée alpine. Les épisodes orageux violents, parfois accompagnés de grêle, peuvent entraîner des pertes rapides de cultures, tandis que les fortes chaleurs estivales provoquent un stress hydrique important et une dégradation de la qualité des légumes. À cela s’ajoutent des périodes de sécheresse, qui renforcent la dépendance à l’irrigation, ainsi que des épisodes de gel tardif pouvant compromettre les premières plantations. L’enchaînement de ces phénomènes rend les conditions de production de plus en plus instables.
Située dans la vallée de la Bréda, la ferme Plantzydon a mis en place plusieurs leviers pour s’adapter à ces contraintes. L’implantation d’environ un kilomètre de haies et d’infrastructures agroécologiques permet de limiter l’impact du vent, de créer des microclimats favorables et de protéger les cultures. La création d’une mare favorise la gestion de l’eau en valorisant les eaux de lavage, tandis que la brumisation sous serre permet de mieux gérer les épisodes de forte chaleur.
Par ailleurs, la ferme a développé des stratégies techniques et économiques pour renforcer sa résilience. L’auto-construction de machines permet de limiter les charges en carburant, et la mise en place d’une pépinière sécurise une partie de la production en maîtrisant les stades sensibles. Enfin, le choix de la vente directe permet de mieux valoriser les produits et de stabiliser les revenus face aux aléas de production.
Ainsi, la ferme Plantzydon illustre une approche globale d’adaptation, combinant aménagements agroécologiques, innovations techniques et stratégies économiques pour faire face à un contexte climatique de plus en plus incertain.