Mon système
Le système de production est un maraîchage biologique diversifié, combinant cultures sous serre et en plein champ. L’exploitation dispose de 11 serres et organise les cultures en planches standardisées de 40 mètres sur 9 mètres (environ 500 m²). Un ensemble de huit planches constitue ce que les agriculteur·rices appellent un « jardin ».
La fertilisation repose sur des apports importants de matière organique, notamment du fumier et du compost, épandus durant la préparation hivernale des sols. Les apports peuvent atteindre environ 40 tonnes par hectare. Selon les besoins des cultures (faibles, moyens ou élevés), des compléments d’engrais organiques sont apportés, principalement sous forme d’azote organique, de sulfate de potasse ou d’amendements à base de ricin ou de compost spécifique.
L’irrigation constitue un élément central du système. Grâce à une infrastructure automatisée, l’eau est distribuée par goutte-à-goutte ou aspersion selon les cultures et les conditions climatiques. Les besoins hydriques sont suivis chaque semaine en croisant observations de terrain, données météorologiques et mesures de l’humidité du sol. Les irrigations sont programmées précisément, souvent la nuit ou en fin de nuit, afin d’optimiser l’utilisation de l’eau et la croissance des cultures.
La ferme fonctionne également avec une forte intensité de travail humain. En plus des trois associés, plusieurs salariés et saisonniers viennent renforcer l’équipe pendant la période de production. Une partie du matériel agricole est auto-construite avec l’aide de l’Atelier Paysan, ce qui permet d’adapter les outils aux besoins spécifiques du maraîchage sur petites surfaces.
La commercialisation est largement orientée vers les circuits courts. Environ 80 % du chiffre d’affaires provient de la vente directe à la ferme, ouverte deux jours par semaine. Le reste des ventes est assuré par des paniers en AMAP, des magasins spécialisés en produits biologiques et la restauration collective locale. Ce modèle permet de maintenir un lien direct avec les consommateurs tout en valorisant la production locale.
Productions végétales
Assolement moyen 2024
La ferme possède au total 4,52 ha en 2024 pour faire du maraîchage diversifié. Elle dispose de 11 serres avec comme surface cultivée au total 0,5 ha réparti comme ceci :

Ensuite, 1,8ha est cultivé en plein champs réparti comme ceci :

Intrants
En hiver, lors de la préparation du sol, un apport de 40 tonnes par hectare de fumier, ainsi qu’une quantité équivalente de compost, est réalisé par une entreprise de travaux agricoles, l’exploitation ne disposant pas d’épandeur. Après cet amendement organique, les cultures placées en tête de rotation sont principalement les pommes de terre de conservation et nouvelles, les choux, les poireaux, les patates douces, ainsi que diverses cultures d’été et les fraises, qui valorisent bien ces apports. La fertilisation est ensuite adaptée selon les besoins des cultures : pour les cultures à petit besoin, un apport de 400 kg/ha d’engrais 9.9.0 (soit environ 2 kg par planche) est complété par 220 kg/ha de sulfate de potasse (environ 1,1 kg par planche). Les cultures à besoin moyen reçoivent les mêmes apports de base, avec en plus un apport d’azote 9.9.0 un mois après la plantation. Enfin, les cultures à fort besoin bénéficient d’une fertilisation plus soutenue comprenant 400 kg/ha d’azote 9.9.0, 340 kg/ha de sulfate de potasse, ainsi que des apports de Bochevo (400 kg/ha), de tourteau de ricin (800 kg/ha, soit environ 4 kg par planche) et un complément d’azote un mois après. Une attention particulière est portée à certaines cultures spécifiques : pour les carottes, un apport supplémentaire de sulfate de potasse est réalisé un mois après, en même temps que l’azote, tandis que l’ail, considéré à petit besoin, reçoit du Bochevo à raison de 2 kg par planche en semaine 10 et du sulfate de potasse à hauteur de 1,7 kg par planche en semaine 15.

La stratégie de fertilisation de l’exploitation repose sur une complémentarité entre les apports organiques de fond et une fertilisation pilotée en cours de culture par fertirrigation, dont les modalités sont synthétisées dans le tableau ci-dessous. Après les apports hivernaux de fumier et de compost, qui assurent une base de fertilité du sol, la fertirrigation permet d’ajuster finement les apports nutritifs en fonction des besoins réels des cultures et de leur stade de développement.
Cette pratique consiste à apporter des éléments fertilisants via le système d’irrigation, ce qui permet une meilleure disponibilité des nutriments et une réactivité accrue. Ainsi, dès le redémarrage de la végétation, des apports riches en azote sont réalisés pour soutenir la croissance, puis des engrais plus équilibrés accompagnent les phases de préfloraison et de floraison. En phase de production, les apports évoluent vers des solutions plus riches en potasse, notamment avec l’utilisation de vinasse, afin de favoriser la qualité et le grossissement des fruits. Des compléments spécifiques, comme le calcium en pulvérisation foliaire, sont également intégrés pour sécuriser la qualité des récoltes.
Le fractionnement des apports, généralement tous les 10 à 15 jours selon les cultures, permet de limiter les pertes par lessivage et d’optimiser l’efficacité des engrais. Cette approche est adaptée à chaque type de culture (fraises, légumes d’été, melon, etc.) et reste flexible, notamment en fonction des conditions climatiques, avec par exemple la mise en place de bassinages en cas de fortes chaleurs. L’ensemble de ces pratiques vise à assurer une nutrition régulière, équilibrée et efficiente des cultures tout au long de leur cycle.
Culture |
Stade |
Produit |
Dose |
Fréquence / Remarques |
Fraises |
Janv./Fév. doux |
NUTRIBIO 5-4-2 Si |
50 L/ha |
Si reprise de croissance |
Fraises |
Redémarrage végétation |
NUTRIBIO 9-0-0 |
50 L/ha |
1 application |
Fraises |
Préfloraison → floraison |
NUTRIBIO 5-4-2 Si |
50 L/ha |
1 fois/semaine pendant 2 semaines |
Fraises |
Premiers fruits verts |
NUTRIBIO 9-0-0 + VINASSE |
50 + 50 L/ha |
1 application |
Fraises |
Suite (2 semaines) |
VINASSE |
100 L/ha |
1 fois/semaine pendant 2 semaines |
Toutes cultures été + Melon/Aubergine/Poivron (PC) |
Après plantation |
NUTRIBIO 5-4-2 Si |
3% (200 L d’eau/ha) |
2 applications : J+5 et J+15 |
Tomate / Aubergine / Poivron |
15 jours après plantation |
NUTRIBIO 9-0-0 |
50 L/ha |
1 application |
Tomate / Aubergine / Poivron |
Suivi culture |
VINASSE (3,8-0-7,7) |
50 L/ha |
Tous les 15 jours jusqu’à mi-septembre |
Melon (SA) |
15 jours après plantation |
NUTRIBIO 9-0-0 |
50 L/ha |
1 application |
Melon (SA) |
Suivi culture |
VINASSE (3,8-0-7,7) |
50 L/ha |
2 applications à 15 jours d’intervalle |
Melon (SA) |
Formation fruits |
GEODYN CA foliaire |
8 L/ha |
Tous les 15 jours, 3 applications |
Melon + Courge (PC) |
Formation fruits |
GEODYN CA foliaire |
8 L/ha |
Tous les 15 jours, 3 applications |
Toutes cultures concernées |
Forte chaleur |
– |
– |
Bassinage si T°C > 30 |
Travail du sol
Le travail du sol débute par un broyage des résidus à l’aide d’un broyeur à marteaux, suivi d’un déchaumage au cultivateur à dents larges afin d’ameublir et structurer la surface ; après une période de repos de 3 à 4 semaines, permettant la décomposition et la reprise biologique, un affinage est réalisé soit avec un rotavator de type « enfouisseur de terre » travaillant sur 15 à 20 cm de profondeur, soit par un passage de vibroplanche pour obtenir un lit de semences homogène et prêt à la plantation.
Produits 2025
- Aides : 8 839 €
- Vente de légumes : 217 139 €
- Dont 12 000€ de plants – vente pépinière soit 5% du CA
Intrants 2025
- Semences et plants achetées : 18 797 €
- Fertilisation : 9 243 €
- Produits phyto : aucun 0€
- Fioul : 2 952 €
- Électricité + eau : 2 369 €
Poids des intrants dans le CA : 18%
Données économiques 2025
Indicateur |
Valeur |
Commentaires |
UTH non salarié |
2 |
Arrivée d’Églantine en tant qu’associée le 1er janvier 2026 |
EBE/UTH non salarié |
51 840 € |
Nette progression par rapport à l’année précédente liée aux produits |
Sensibilité aux aides : primes (1er et 2eme piliers) /EBE |
8,5% |
Faible dépendance aux aides |
Produits d’exploitation brut/ha |
90 000€ |
Très élevé avec un 9 000€ au m2 développé |
Dépendance financière |
22,5% |
Une part du CA est utilisée pour le remboursement |
Revenu disponible |
40 172 € |
Critère de viabilité d’une EA |
EBE / produits |
47,7% |
Indicateur d’efficacité économique (moyenne 29% en 2023 en maraichage du Rhône – en maraîchage vente directe) |
Taux d’endettement |
46% |
Pour une installation à 5 ans, c’est un bon résultat économique |
L’exploitation présente en 2025 une nette amélioration de son efficacité économique, portée par un bon niveau de production et de valorisation. Cette progression se traduit notamment par une hausse de l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) par unité de travail, indicateur révélateur d’une meilleure efficacité du travail. Le revenu disponible atteint ainsi un niveau équivalent à 2,3 fois le SMIC, supérieur à la référence issue de la loi EGALIM (2 fois le SMIC), témoignant d’un résultat économique satisfaisant pour l’année.
Le système reste par ailleurs relativement économe en charges et en main-d’œuvre, ce qui contribue à cette performance. Les indicateurs technico-économiques confirment cette dynamique : avec 2 UTH non salariées (dont l’arrivée d’une nouvelle associée début 2026), l’EBE atteint 51 840 € par UTH, en nette progression. La dépendance aux aides reste faible (8,5 % de l’EBE), traduisant une bonne autonomie économique. Le ratio EBE/produits atteint 47,7 %, bien au-dessus des moyennes observées, illustrant une excellente efficacité économique. Enfin, avec un taux d’endettement global de 46 %, la situation financière apparaît saine pour une exploitation en phase de consolidation, laissant entrevoir une montée en puissance du système dans les années à venir.
Matériels
| Fonction | Matériel tracté |
| Préparation du sol | Butteuse |
| Cultibutte* | |
| Enfouisseur de pierres | |
| Vibroplanche* | |
| Semer / Planter | Traceur* |
| Semoir pneumatique | |
| Désherber / Biner | Herse étrille |
| Bineuse directionnelle* | |
| Butteuse | |
| Récolter | Lame souleveuse* |
| Binette | |
| Chargeur | |
| Destruction des couverts | Broyeur |
*matériel auto-construit ou adapté avec l’Atelier Paysan.
Matériel non tracté :
Semoir manuel monorang ; brûleur à gaz pour désherbage thermique et petit matériel manuel de maraîchage (outils de récolte, plantation, entretien des cultures)
⚠️ Cette liste concerne uniquement le matériel utilisé pour la production maraîchère, hors équipements liés au stockage, au lavage des légumes et à la production de plants.