Synthèses techniques

Production énergétique de l’agriculture française

Comment les énergies renouvelables (ENR) s’intègrent-elles dans les systèmes agricoles ?

Images d'énergies renouvelables en agriculture (méthanisation, biogaz, biomasse, solaire photovoltaïque, bois energie, éolien)

Production énergétique de l’agriculture française

L’agriculture française occupe désormais une place importante dans la production nationale d’énergies renouvelables. En 2024-2025, le secteur agricole contribue à la production de plus de 74 TWh d’énergie renouvelable, hors agrocarburants, solaire thermique, pompes à chaleur et géothermie ou aérothermie. Cette production repose principalement sur la génération d’électricité, qui représente plus de la moitié du mix énergétique agricole produit, notamment à travers les filières éolienne, photovoltaïque et méthanisation.

Les agro-carburants et le biogaz constituent également des composantes majeures de cette production énergétique, avec des parts respectives estimées à environ 20 % et 17 % du total. Enfin, la production de chaleur renouvelable — issue notamment de la biomasse agricole ou du bois énergie — représente une part plus limitée, de l’ordre de 6 % lorsque les agrocombustibles ne sont pas comptabilisés. Ces chiffres traduisent la diversification progressive du rôle de l’agriculture française, qui ne se limite plus à la production alimentaire mais participe également à la production d’énergie renouvelable à l’échelle nationale.

Schémas de la production énergétique agricole française et mix énergétique produit par le secteur agricole

Ainsi, pour l’éolien, le biogaz et les agro-carburants produits à partir de ressources nationales, l’agriculture contribue à plus de 80 % de la production énergétique française. Cette forte implication s’explique notamment par la mobilisation du foncier agricole pour les projets éoliens, par la valorisation des effluents d’élevage et résidus de culture dans les unités de méthanisation, ainsi que par la production de cultures destinées aux biocarburants. Néanmoins, une partie de la production de biocarburant repose sur la valorisation d’huiles alimentaires usagées ou de graisses animales recyclées, qui ne relèvent pas strictement de la production agricole.

Production d'EnR agricole dans la production nationale totale

La politique énergétique française s’appuie notamment sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), mise en place dans le cadre de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte adoptée en 2015. Ce document stratégique définit les orientations et priorités de l’État en matière d’énergie sur une période de dix ans, structurée en deux séquences de cinq ans, avec une actualisation prévue tous les cinq ans. La PPE actuellement en vigueur couvre la période 2026-2035.

Dans ce cadre, des objectifs de développement particulièrement ambitieux ont été fixés pour les principales filières d’énergies renouvelables en France métropolitaine. Parmi elles, le biogaz, l’éolien en mer, la chaleur renouvelable et le photovoltaïque apparaissent comme les secteurs les plus fortement soutenus, avec des trajectoires de croissance très importantes entre 2026 et 2035. Selon les scénarios retenus dans la PPE, les capacités de production pourraient ainsi plus que doubler pour le biogaz, l’éolien en mer et la chaleur renouvelable, tandis que le photovoltaïque devrait également connaître une progression rapide.

Part de l'objectif bas 2028 de la PPE atteinte en 2024

Les niveaux d’avancement observés en 2024 montrent toutefois des dynamiques contrastées selon les filières. Les installations photovoltaïques et l’éolien terrestre auraient atteint environ 70 % des objectifs bas fixés pour 2028 dans la deuxième PPE, tandis que le biogaz injecté dans les réseaux se situerait à un niveau d’atteinte plus élevé, proche de 83 %. Ces trois filières occupent une place centrale dans les trajectoires actuelles de transition énergétique et concernent directement le monde agricole, à la fois comme espace d’implantation des infrastructures et comme acteur de production énergétique.

Sources : Étude ADEME – Agriculture et énergies renouvelables (Ceresco / Solagro) et SDES

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