Manger bio, local, végétal et de saison pour transformer notre agriculture : c’est le message que porte Philippe Pointereau dans son dernier ouvrage, Changer le monde à chaque repas.
Une transition agricole nécessaire… et possible
Face aux défis du dérèglement climatique, de l’effondrement de la biodiversité et des risques sanitaires liés aux pesticides, la transformation de notre modèle agricole n’est plus une option : c’est une urgence. Pourtant, Philippe Pointereau nous invite à dépasser le constat alarmiste pour embrasser une vision résolument optimiste : la transition est souhaitable, indispensable et possible.
Dans Changer le monde à chaque repas, l’agronome et naturaliste s’appuie sur de nombreuses expériences de terrain pour démontrer que la sortie des pesticides, la relocalisation des productions et le développement de pratiques agroécologiques sont des réalités déjà à l’œuvre sur tout le territoire — à condition que les politiques publiques, les collectivités locales, les élus et les consommateurs s’y engagent ensemble.
Le consommateur, acteur clé de la transition alimentaire
L’une des thèses centrales du livre est que la transition agricole ne peut se faire sans une transition alimentaire. Le lien entre l’assiette et le champ est direct : chaque acte d’achat est un vote pour un modèle de production plutôt qu’un autre.
L’auteur formule des recommandations concrètes et accessibles :
- Privilégier les produits biologiques pour réduire l’exposition aux intrants chimiques
- Favoriser les circuits courts et les productions locales pour soutenir l’agriculture de proximité
- Consommer des produits de saison pour alléger l’empreinte environnementale
- Cuisiner davantage végétal pour préserver le climat, les sols et la biodiversité
Comme le souligne P. Pointereau : notre santé, le climat, la biodiversité, les paysages et même la saveur de nos aliments ont tout à y gagner.
Relocaliser, diversifier, régénérer : les pistes concrètes de l’agroécologie
L’ouvrage documente également la renaissance de nombreuses filières agricoles portées par des initiatives locales innovantes. Fruits, légumes, légumineuses à graines aujourd’hui largement importées retrouvent progressivement une production nationale. Des cultures longtemps délaissées font leur retour : la châtaigne, le millet, le pistachier, l’amandier, ou encore le maïs Grand Roux Basque, utilisé dans l’alimentation humaine.
Sur le plan des pratiques, le livre met en lumière l’essor des démarches agroécologiques qui visent à :
- Réduire, voire éliminer, le recours aux intrants chimiques
- Gérer l’eau avec parcimonie dans l’irrigation
- Maintenir des sols vivants et fertiles
- Développer des races locales plus rustiques, mieux adaptées aux aléas climatiques
- Travailler avec la nature, et pour la nature
L’auteur : Philippe Pointereau, une référence en agroécologie
Philippe Pointereau est agronome et naturaliste, membre fondateur de Solagro et co-scénariste du scénario de transition agricole et alimentaire Afterres2050. Chercheur engagé, il a participé à plusieurs programmes de recherche sur les liens entre pratiques alimentaires, pratiques agricoles, biodiversité et santé publique.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages de référence :
Très impliqué dans le monde associatif, il préside aujourd’hui la Fondation Terre de Liens et le conseil de l’Institut Agro-Campus de Florac.