Éleveurs laitiers : Ils témoignent de leur passage en AB

Des productrices et producteurs de lait de l’Aveyron, d’Ile de Vilaine et des Côtes d’Armor témoignent de leur passage en bio. 8 fermes expliquent leurs motivations et leurs stratégies de conversion à l’AB.

Maëlys Bouttes a réalisé cette vidéo dans le cadre sa thèse à l’INRA de Toulouse : « Histoire de thèse » de 9 minutes.

En 2015-2016, suite à la fin des quotas laitiers, beaucoup d’éleveurs bovin laitiers ont fait le choix de se convertir à l’agriculture biologique. Pourquoi ce choix ? Quels changements cela implique-t-il ?

Ces 8 exploitations de 40 à 60 vaches laitières ont fait le choix du bio sans regret, suite à la fin des quotas laitiers et aux crises laitières de 2009 et 2015. La situation économique se dégradait sans perspectives, mais aussi les conditions de travail étaient difficiles, avec trop de mammites et des allergies au pulvérisateur.

Les formations et le travail en groupe ont été des éléments clefs de cette transition. Ils ont pu compter sur l’appui de conseillers (chambres d’agriculture, GAB) tant sur le plan technique qu’économique.

Ce passage en bio a entrainé une baisse de la production laitière par vache (entre 1000 et 2000 litres) pour atteindre entre 5000l et 6500l. Ainsi, la production de lait de l’exploitation a baissé, mais la consommation de concentrés aussi.

Si certains éleveurs ont conservé la Holstein, certains sont passés à la Jersiaise, la Brune des Alpes ou la Simmental. L’assolement a vu une forte réduction voire une disparition du maïs ensilage au profit de l’herbe et des méteils (grand épeautre/féverole, triticale/féverole, triticale/pois, mélange de céréales). Le pâturage est redevenu central et entraine une baisse du travail. Pour ceux qui ont conservé un peu de maïs ensilage, il a fallu apprendre à désherber mécaniquement. Avec généralement une baisse de rendement limitée :  de15,2 t à 14,2 t par exemple. Certains, même, préfèrent arracher le rumex à la main que de prendre le pulvérisateur. Certaines fermes ont mis en place le pâturage tournant dynamique.

L’utilisation de la méthode Obsalim a permis d’observer une meilleure santé des vaches entrainant une baisse des charges en produits vétérinaires.

Si plusieurs ont abandonné l’élevage de cochons qui ne rapportait rien, d’autres ont développé des petits ateliers de poules pondeuses, de céréales panifiables où implanté un pré-verger de pommiers.

Le niveau de revenu s’est stabilisé voire amélioré. Il ont surtout observé de meilleures conditions de travail, moins d’aléas, une plus grande stabilité et plus de perspectives. 

La difficulté concerne surtout la première année de conversion avec une baisse de la production sans une augmentation du prix. De plus, l’existence de Biolait a été un facteur clef pour de nombreuses fermes.

Ces éleveuses et éleveurs qui ont fait le pas concluent :

  • « on est plus cool »,
  • « on est plus serein »,
  • « l’horizon est dégagé »,
  • « on cultive l’être avant l’avoir »,
  • « on va transmettre une exploitation qui va durer, sans polluer les sols »,
  • « ça ouvre les yeux »,
  • « on est ouvert à tout maintenant »,
  • « on est plus au contact de nos animaux ».

Source : PSDR Occitanie. Portraits d’éleveurs en conversion à l’agriculture biologique. Une série de témoignages sur les motivations et stratégies de conversion à l’AB.

To top