Le GIEE Phytobiomar a la particularité d’être unique en France en recherchant la mise en place d’une lutte biologique autonome et collective dans les exploitations maraîchères par :
- la production en commun de plantes réservoirs d’auxiliaires
- la création d’un réseau d’échanges d’auxiliaires
- et un réseau collectif d’alertes phytosanitaires
Le groupe de 15 maraîchers biologiques de la plaine du Roussillon avait déjà l’habitude de se réunir et d’échanger afin de trouver des méthodes alternatives pour lutter contre les principaux ravageurs de leurs cultures. Leur objectif était de réduire leurs coûts en intrants (lâchers d’auxiliaires).
L’objectif du GIEE est d’organiser une lutte biologique autonome sur leurs cultures afin d’optimiser la date d’introduction des auxiliaires sous les abris et garantir leur vivacité pour une régulation biologique plus efficace.
La réussite du projet s’appuie sur un partenariat solide entre :
- le GIEE,
- l’INRA d’Alénya (partenaire technique),
- le Lycée Agricole de Rivesaltes – Théza (partenaire technique et pédagogique)
- et le CIVAM Bio 66 et sa station expérimentale (animation et expérimentation).
L’INRA d’Alénya et le Lycée Agricole de Rivesaltes – Théza produisent des « plantes banques » (ou « plante-relais »). En effet, ils produisent des plantes en pots d’Eleusine (graminée). Sur ces plantes ils inoculent des pucerons d’automne (Rhopalosiphum padi) qu’une micro-guêpe Aphidius colemani parasite elle-même, donnant lieu à des momies dorées sous la surface des feuilles.
Dès que celles-ci sont prêtes, les producteurs du GIEE les installent au plus proche des tous premiers foyers de pucerons. Ils sont placés dans les cultures sous serres à risque puceron, afin de s’assurer de leur installation le plus précocément possible et surtout que ces micro-guêpes, qui émergeront des momies, aient une action régulatrice sur le puceron noir Aphis gossypii des cucurbitacées (courgettes, concombres, melons). Les producteurs peuvent proposer les plantes-banques ou relais à d’autres maraîchers dans la limite des stocks disponibles.
Plus récemment, un élevage d’un acarien prédateur (Phytoseiulus persimilis) de l’acarien tétranyque est développé également chez les deux partenaires sur des plants d’haricots. Ce sont les feuilles contenant les plus d’auxiliaires qui seront déposées au niveau des foyers d’acariens rencontrés chez les producteurs (seuil de 30%/feuille).
Retrouvez les fiches techniques mises en place par le Civam Bio 66 pour l’arboriculture et le maraîchage sur les : Bandes fleuries et les Haies composites. Ces fiches sont issues de leurs travaux sur leur station expérimentale puis chez les producteurs. Ces travaux ont permis notamment de révéler l’intérêt de l’Alysson maritime (Lobularia maritima) et du Souci officinal (Calendula officinalis) comme ressources nutritives pour les insectes pollinisateurs (Syrphes, dont la larve peut-être aphidiphage) et sites d’hivernation pour les punaises prédatrices Macrolophus, redoutables prédateurs d’aleurodes, de Tuta absoluta ou encore d’acariens tétranyques sur les cultures de tomates et aubergines notamment.
Retrouvez la vidéo détaillant la genèse et les objectifs du GIEE Phytobiomar et quelques-uns de ses principaux acteurs